Publié le 09/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
Dans les régimes à tendance totalitaire, l’ordre moral vient toujours à la rescousse de l’ordre public. À cet effet, la religion joue fréquemment un rôle primordial. Surtout lorsqu’il convient de calmer les esprits et de convaincre les récalcitrants de la nécessité de la soumission aux autorités.
Monsieur Tout Blanc, comme disait Léo Ferré, sera à Paris le 13 septembre et reçu à l’Élysée comme un monarque ou plutôt comme un chef d’État et un symbole religieux fort. Attention : si les Parisiens se hasardent à manifester contre la présence de Benoît XVI dans la capitale, les policiers les traiteront certainement comme ils l’ont fait, il y a quelques mois, lors du passage de la flamme olympique.
Le pape du sida
Nombreux sont les athées, les libres penseurs et plus généralement les anticagots qui n’ont pas oublié le discours prononcé à la Basilique Saint-Jean-du-Latran de Rome, en décembre 2007, lorsque Nicolas assénait; « Jamais l’instituteur ne pourra remplacer le prêtre ou le pasteur! » En quelques mots, le président d’une République qui avait été laïque, nous tranformait en obligés de la chrétienté.
Tout en se gardant bien de tresser des lauriers aux imams. Il y a quand même des limites…
Le bon peuple, ravi, fera peut-être une ovation à l’assassin par destination des populations du tiers-monde au travers de l’interdit majeur du préservatif. Le sida serait-il un juste châtiment de Dieu? De braves cons se presseront sur l’Esplanade des Invalides pour acclamer celui qui dénonce la contraception conçue par le Diable pour inciter nos compagnes à « fauter » sans remords. La « pipolisation » admet de ces grands écarts permettant de célébrer un jour le pape et le lendemain Madonna. Il est vrai que le gogo n’a pas la narine fragile. Un avertissement, pourtant : si les empereurs romains promettaient du pain et des jeux, le roi Nicolas ne promet que certains jeux.
En un temps où il paraît naturel de voir se multiplier les processions hors des lieux réservés au culte – le 150e anniversaire des visions de Bernadette Soubirous à Lourdes en est un bon exemple – les princes qui nous gouvernent aimeraient bien que les dévotions à la Vierge Marie puissent se multiplier. Sans trop nous attarder sur ce sujet, conseillons pourtant la lecture du Lourdes de Zola où il est possible de découvrir les curieuses pratiques du Bureau des constatations des miracles. En ce mois de septembre 2008, le miracle ce n’est plus la multiplication des pains mais la baisse du pouvoir d’achat.
« Laïcité positive », mon oeil !
Pour ne pas nous laisser étourdir par la visite du Souverain-pontife, comme disent les croyants, attachons-nous à redécouvrir l’oeuvre de Jacques Prévert. Lequel n’a jamais cessé de tirer à boulets rouges sur les hommes en noir. L’auteur de Paroles avait bien compris que l’ennemi ne se trouvait pas seulement au sein des institutions policières et militaires. Il considérait que devaient être mis dans le même sac à punaises ceux qui bénissent les crimes commis au nom de l’ordre. Dans ce sens, il est indispensable de relire Les Grands Cimetières sous la lune, de Georges Bernanos. Cette lecture permet de bien connaître les choix de l’Église de Rome à l’heure où son enseignement est en péril. Plutôt Franco que le « frente popular ».
De la même façon, nous sommes édifiés sur cette « laïcité positive » décrite par Nicolas Sarkozy. Cette approche habile n’étant rien d’autre que la négation de la séparation de l’Église et de l’État qui régit le pays depuis 1905. Nous savons ce qu’il en est désormais et particulièrement depuis que l’hôte de l’Élysée ne cesse de gloser sur « les racines chrétiennes de la France ». Une certitude désormais; dans notre Ve République, l’ordre et la religion sont redevenus inséparables, dans le plus mauvais sens du terme. Friedrich Nietzsche l’avait bien compris lorsqu’il interpellait ses semblables outrageusement pieux: « Vous dites que vous croyez à la nécessité de la religion? Soyez sincères! Vous croyez à la nécessité de la police! »
Face à une situation préoccupante, il ne faut jamais négliger la dérision active de Jacques Prévert. Faute de pouvoir nous opposer de façon efficace aux gesticulations de Monsieur Tout Blanc, car la police de la République lui fera une garde d’honneur, consolons-nous avec quelques nasardes.
« C’est absurde », mais ça marche!
Si seulement les railleries pouvaient représenter autant de peaux de banane – en fait de véritables croche-pieds –, notre moral s’en trouverait fortifié.Tout le talent anticlérical de Jacques Prévert se manifeste dans ces Souvenirs de famille ou l’Ange garde-chiourme où Jésus apparaît dans sa majesté triomphante:
«… Il chassait les marchands du Temple. Pas de scandale, disait-il, pas de scandale, ceux qui frapperont par l’épée périront par l’épée… pourtant les bourreaux professionnels crevaient de vieillesse dans leur lit, personne ne touchait un rond, tout le monde recevait des gifles mais il défendait de les rendre à César… »
Toute la dramaturgie du christianisme est démontée dans ce texte qui nous permet de regarder d’un oeil différent ceux qui portent la parole divine. Ainsi Tertullien, l’un des pères de cette Église, allait même jusqu’à proclamer: « Je crois parce que c’est absurde! » C’est ainsi que l’histoire des Évangiles n’aurait été qu’un recueil de racontars si, heureusement, Judas n’avait pas vendu Jésus pour trente deniers.
Faute de quoi le fils de Dieu n’aurait jamais été accroché sur la croix en lieu et place de Barabbas, le bon larron. Et Prévert s’en donne à coeur joie:
«… Ça n’allait déjà plus tout seul quand un jour le voilà qui trahit Judas, un de ses aides. Une drôle d’histoire: il prétendit que Judas devait le montrer du doigt à des gens qui le connaissaient fort bien lui-même depuis longtemps et sachant que Judas devait le trahir, il ne le prévint pas… »
Diable ! Quelle histoire. Pour un peu, nous aurions raté l’épisode de la Crucifixion puis, nécessairement, celui de la Résurrection, ainsi que tout cet ordre chrétien qui allait s’instaurer pour dominer le monde. À quoi peut bien tenir la réussite d’une secte… Fort heureusement, Prévert nous renvoie à l’histoire mythique, source de toutes les superstitutions. Jésus sera donc logiquement crucifié.
«… Bref, le peuple se met à hurler Barabbas, Barabbas, mort aux vaches, à bas la calotte, et, crucifié entre deux souteneurs dont un indicateur, il rend le dernier soupir. Les femmes se vautrent sur le sol en hurlant leur douleur, un coq chante, et le tonnerre fait son bruit habituel. »
Que voilà une histoire réaliste, que même les petits enfants peuvent comprendre aisément sans que l’on se donne la peine de la répéter plusieurs fois. Ce que Jacques Prévert a bien compris qui tire sa conclusion en grand pédagogue anticlérical:
«… Confortablement installé sur son nuage amiral, Dieu le Père, de la Maison Dieu Père, Saint Esprit et compagnie, pousse un immense soupir de satisfaction… Et Dieu Père s’écrie: Que je sois loué, que ma sainte raison sociale soit bénie, mon fils bien aimé a la croix, ma maison est lancée! »
Un Diable nommé Sarkozy
Décidément, on ne lit pas assez Prévert, même si de nombreux lycées et collèges portent son nom. Qui, mis à part quelques bons bougres, pourraient encore citer ces Saintes Écritures qui n’ont rien perdu de leur pouvoir anticlérical ravageur.
« Dieu est aussi un prêteur sur gages Un vieil usurier Il se cache dans une bicoque Tout en haut du Mont-de-Piété Et prête à la petite semaine Au mois au siècle et à l’éternité Et ceux qui redescendent avec un peu d’argent En bas dans la vallée le Diable les attend Il leur fauche leur fric Il leur fout une volée… »
Pourquoi faut-il que les mauvais esprits mettent un nom sur le Diable du moment: un certain Sarkozy, qui feint d’être confit en dévotion et nous promet le paradis, non pas sur terre mais au plus haut des cieux. En ce sens, la visite à Paris de Monsieur Tout Blanc est loin de nous annoncer la félicité promise par l’Église et pas d’avantage cette « bonne pluie de roses » destinée aux pauvres d’esprit.
Maurice Rasjfus
in Le Monde libertaire # 1524 du 11 au 17 septembre 2008
Le Monde libertaire, hebdomadaire de la Fédération anarchiste, adhérente à l'Internationale des Fédérations Anarchistes
Chaque jeudi en kiosque, 24 pages en couleurs pour deux euros
http://www.federation-anarchiste.org
Publié le 08/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
« La théologie, c’est simple comme dieu et dieu font trois. »
Jacques Prévert
Joseph Ratzinger, alias « le Pape », chef du minuscule État du Vatican, est invité cette semaine par le président Nicolas. Un naïf pourrait se demander pourquoi le chef d’un État laïc invite ce malfaiteur de l’humanité, gourou d’une des plus redoutables sectes de la planète, à venir célébrer le cent-cinquantenaire des hallucinations de Bernadette Soubirous à Lourdes. Ce naïf ne tiendrait pas compte des relations privilégiées qu’entretient le comte-président de Nagy-Bocsa avec cette organisation criminelle.
Pendant des siècles, les représentants de « l’Église catholique, apostolique et romaine » ont terrorisé le monde en imposant leurs diktats par la force à travers l’Inquisition qui fit des millions de victimes. Il y a peu encore, ils soutenaient les dictatures les plus infâmes d’Amérique du Sud et bénissaient les tortionnaires. Nicolas Sarkozy a affirmé lors de son discours à Latran que jamais l’instituteur ne remplacera le curé. Heureusement, car ce n’est pas son rôle ! Il doit éveiller nos enfants, alors que le curé les plonge dans l’obscurantisme. Lors de l’hommage rendu par la République à ses soldats morts pour les trafiquants de drogues afghans, il a été vu en train de faire le signe cabalistique de reconnaissance des adeptes de cette coterie. Ce signe de croix symbolise d’ailleurs la rédemption par la douleur, qui est une des croyances principales des zélateurs de ce dogme.

Tant que nos dirigeants resteront prisonniers de ce carcan mental qu’est la religion, notre société ne pourra pas évoluer. Ils continueront à nous gouverner en prenant modèle sur cette maffia qui depuis plus de deux millénaires prétend nous dicter notre conduite. Leur éthique est calquée sur celle de ces salops qui pensent que seule une élite peut savoir ce qui est bon pour la multitude.
Il n’y a qu’à voir les lois que nos gouvernements nous imposent. C’est bien parce qu’ils croient aux vertus rédemptrices de la douleur qu’ils ne remboursent plus les médicaments dits de « confort » ou qu’ils ont créé des franchises médicales. Si tu es pauvre, c’est que tu es fautif et il faut donc que tu rachètes tes fautes en souffrant. Le Revenu de solidarité active, nom ronflant appelant à l’action, n’a de solidaire que le nom et fait plutôt appel à la charité des classes moyennes pour soulager les patrons qui ne peuvent se permettre de donner un vrai emploi à ceux qu’ils exploitent.
Gageons que bientôt celui-ci remplacera les Smics dont nos patrons veulent s’émanciper.
L’État-providence dont on nous rebat les oreilles répand en fait sa manne plus sur les entreprises que sur les exclus de la société.
Publié le 08/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
À chaque fois qu’un pape vient en France, ça agace les athées, les anticléricaux, les rationalistes, les libres penseurs, les bouffeurs de curé… Cékomça. À chaque fois, les mécréant-e-s en profitent pour inviter les baptisé-e-s-à-l’insu-de-leur-plein-gré à se faire débaptiser. Comment ça marche ?
De nombreux athées sont baptisés malgré eux. Poids des traditions sociales et familiales, nous sommes un paquet à figurer sur les registres de l’Eglise catholique. Dès notre naissance, nos parents, catholiques du dimanche ou même parfois incroyants, ont cru malin de nous présenter à un pingouin en soutane sur les fonts baptismaux de l’église du coin. En guise de protestation, il nous était possible de brailler comme des démons au moment où le cureton nous inondait d’eau bénite. Mais le mal était fait.
Illustration empruntée à Kukuxumusu
Dans la plupart des familles, la triste comédie a duré plusieurs années, notamment le dimanche, dans ces messes où les hommes étaient assis à droite et les femmes à gauche. Et puis, il y a eu les cours de catéchisme, les séances de confession où l’on se refilait entre copains la liste des péchés à marmonner au bouffon qui nous collait trois Notre Père, les communions, les prières pour ne pas céder à la tentation (mon cul !), la confirmation et autres fadaises. Dans le « meilleur » des cas. Ces cauchemars personnels cumulés aux « exploits », passés et présents, de l’Eglise catholique suffisent pour vouloir tirer un trait définitif avec la religion. Et si on se débaptisait ?
En fait, il est impossible de se faire « débaptiser ». D’une, pour l’Eglise, l’apostasie est une grave hérésie. Le baptême serait même un sacrement indélébile. « On ne peut pas délier sur Terre ce qui est lié dans le Ciel », assurent sans rire les agenouillistes. De deux, « débaptisation » n’est pas le mot juste. Entre initiés, l’opération s’appelle une demande de renonciation au baptême. En clair, les débaptisé-e-s ne sont pas gommé-e-s des vilains registres. Une mention signalant leur souhait de ne plus être considéré-e-s catholiques est simplement inscrite en face de leur nom. Selon les cas, on trouve des trucs du genre « A renié son baptême » ou « Deficit a fide » (« a renoncé à sa foi »). On en a brûlé pour moins que ça… Chaque année, un millier de personnes demanderait à être sorti de la mêlée des chrétiens. Il y a les gens qui changent de secte (Témoins de Jéhovah, raéliens, musulmans, juifs, bouddhistes...) et ceux-celles qui ont une démarche politique.
La venue de Jean-Paul II, en 1996, pour commémorer le 1500ème anniversaire du baptême de Clovis, avait redonné de la vigueur aux anticléricaux. Le Collectif contre la venue du pape à Reims et quelques groupes anarchistes s’étaient illustrés en lançant une belle campagne de débaptisation.
Le voyage de Benoît XVI (alias Joseph Ratzinger) à Paris et à Lourdes, du 12 au 15 septembre, pour commémorer le 150ème anniversaire des poilantes apparitions de la « Vierge Marie » à Bernadette Soubirous va être l’occasion de réactiver le mouvement. Les Panthères roses, signataires de l’appel Remballe ton pape présenté récemment sur Le Mague, ouvrent le bal en proposant une lettre type assez salée. L’organisation qui regroupe « Gouines, trans et pédés énervéEs par l’ordre moral, le patriarcat, le sexisme, le racisme, le tout sécuritaire, les régressions sociales et tout ça » y dénonce l’idéologie catholique présentée comme « homophobe, lesbophobe, transphobe, sexiste, patriarcale, liberticide, aliénante, sectaire, niant l’individuE, participant à la haine, au crime d’état, s’immisçant insidieusement dans la vie politique et publique, dans l’éducation, dans les consciences, favorisant la propagation du sida, s’opposant au droit à l’avortement, au respect des individuEs ».
Des anarchistes bretons mettent aussi en ligne une demande de débaptisation très polie. Voici encore un modèle proposé par un site athée et un autre qui circule à la Libre pensée…
A partir de ces exemples, vous pouvez broder et faire une missive plus personnelle, plus ou moins longue, plus ou moins drôle. Envoyez votre courrier à la paroisse où vous avez été baptisé-e et à l’évêché du diocèse auquel appartient votre ancienne paroisse car les registres de baptême sont tenus à ces deux endroits. La demande est gratuite, mais il est conseillé de joindre une enveloppe timbrée à votre adresse pour la réponse. Si tout se passe bien, vous recevrez plus ou moins rapidement la photocopie de la page du registre avec la mention qui vous écarte du droit chemin. Il arrive aussi que des curés pètent les plombs et vous engueulent ou tentent de vous faire changer d’avis ! Enfin, si les culs bénits font la sourde oreille, menacez de saisir la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Comme tout fichier, les registres de baptême sont soumis à la loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978 (articles 38, 39 et 40 de la loi n°78-17) qui donne le droit de rectifier des données personnelles figurant sur un fichier quand des erreurs ou des inexactitudes y figurent.
Vous en avez marre d’être de gentils moutons ? Vous ne croyez ni en Dieu ni au Diable ? Vous ne supportez pas d’avoir été inscrit à vie dans un mouvement religieux quand vous étiez bébé ? Vous refusez que l’Eglise mette son sale nez réactionnaire partout, dans la vie politique comme dans votre vie privée ? Vous ne supportez pas que les médias minés par le religieux parlent des délires mystiques d’une gamine simple d’esprit comme si ces supposées apparitions étaient des faits avérés (cherchez l’utilisation des guillemets et du conditionnel dans les reportages sur l’opérette papale) ? Alors, bravo, vous avez gagné votre ticket pour devenir candidat-e-s à l’apostasie.
À bas la calotte ! Vive la capote !
Article ecrit par Paco le 10/08/2008 sur lemague.net
Publié le 07/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
Publié le 04/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
Si les religions n'existaient pas, les pouvoirs devraient les inventer ...
En France, du 12 au 15 septembre, le pape Benoît XVI va effectuer une visite à l'occasion du 150ème anniversaire des soi-disant « apparitions de la Vierge » à Lourdes. Vivement espéré en Tchéquie, c’est en France qu’il viendra : le successeur de Jean Paul II célébrera une grand-messe, le 13 septembre, sur l'Esplanade des Invalides à Paris, avant de gagner Lourdes le 14 septembre.
Sarkozy aurait pourtant voulu que le pape, en tant que chef d’Etat, se rende aussi au Mont-Saint-Michel. D’une part le Mont-Saint-Michel fêtant son 13ème centenaire en septembre, la présence du pontife aurait « renforcé » la manifestation et d’autre part, c’est de là qu’à peine élu à la tête de l’U.M.P., Sarkozy avait donné le coup d’envoi de sa campagne présidentielle. Il cherchait à tirer, une fois de plus, la couverture à lui ! Il pouvait même se laisser aller jusqu’à espérer un remake du « sacre pontifical », adoubement du maître de la « fille aînée de l’Eglise » en quelque sorte. Car cette visite du pape, traduit bien une alliance entre le pouvoir spirituel et temporel.
Religions et pouvoirs toujours main dans la main
La connivence entre les Eglises et les Etats n'est pas une nouveauté, y compris durant les pires régimes comme ceux de Franco ou de Pinochet. Bien évidemment, aujourd'hui encore, la complicité des hommes d’Etat est tout acquise à la lecture rétrograde que la papauté et les religions font de la vie en société en ce début du troisième millénaire.
Ainsi, la visite du pape au Brésil et sa rencontre avec le Président Lula n’ont pas permis d’aborder la question de « l’avortement ». Rappelons que dès son arrivée sur le sol brésilien, Benoît XVI avait martelé le veto de l'Eglise catholique sur l'IVG, appelant au « respect de la vie ».
En voyage aux USA, le pape a pu constater une religion tout entière dévouée à légitimer la pire des politiques envisageables, économiquement, socialement et psychologiquement. Mais le « In God we Trust » inscrit sur les billets verts et le serment du Président sur la Bible sont là pour rappeler le poids du religieux dans la détermination de toutes les politiques.
En Australie, les excuses complètes exigées à Benoît XVI à propos des abus sexuels commis par des membres du clergé n’ont pas été à la hauteur de ce que souhaitaient les familles des victimes de tels actes…
En France, une intervention de Benoît XVI devrait porter sur « le don de la vie ». Un sujet qui pourrait susciter la polémique, puisque le pape devrait y aborder la question de l'euthanasie. Car ce « don de la vie », c'est surtout le refus fait aux hommes et aux femmes de disposer librement de leur corps et de leur vie. Que ce soit pour choisir d'y mettre fin, ou pour le choix libre et conscient d'avoir des enfants quand ils le désirent.
Benoît XVI, qui réintroduit les fondamentaux traditionalistes au sein de la pratique religieuse, pourrait se rendre en visite à l’Institut de France - Quai de Conti. Une invitation fortement soutenue par Jean Foyer (UMP), ancien Garde des Sceaux, tenu pour « traditionaliste » par les évêques de France. Ajoutons à cela, le contexte dans lequel se situe la venue du pape en France : dans son discours lors de sa visite au Latran, le Président Sarkozy a réaffirmé la supériorité du curé et du pasteur sur l’instituteur « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal ».
Serait-ce ainsi que le gouvernement compte pallier aux réductions massives de postes dans l’Education nationale ?
Les religions : fatalisme et statu quo social
Il est vrai que les discours religieux constituent un appui idéal pour faire accepter une politique de casse des conquêtes sociales où la précarisation généralisée devient la norme. Les religions monothéistes conduisent l’individu à accepter sa condition avec la promesse que la difficulté de son existence sur terre lui rendra plus facile l’obtention de sa place au « paradis » ! Les pauvres n'ont pas à se plaindre puisque ce sont eux, les plus misérables sur terre, qui auront les places de choix dans l'au-delà. Ils peuvent donc continuer à prier et les riches à compter tranquillement les bénéfices qu'ils engrangent !
Toutes les religions confondues se font les complices des systèmes en place et des inégalités sociétaires qui en découlent : qu’ils soient néo-libéraux et capitalistes, sociaux-démocrates, étatiques et il en va de même des pires régimes dictatoriaux.
Les religions niant les antagonismes sociaux (« Tous et toutes frères et soeurs ») légitiment de fait l'ordre social dominant en place au profit d’une minorité dominante.
La valorisation du caritatif dans le religieux complète idéalement le tableau. Le discours caritatif cautionne les inégalités sociales, en organisant la charité. Les riches peuvent soulager leur conscience en donnant l'aumône et gagner quand même leur place au paradis, les pauvres n'ont qu'à les remercier et se taire. Cette charité qui maintient le statu quo est le contraire de l'égalité et de la solidarité. Cette vision du monde a dépassé largement le cadre de l'église, de la mosquée ou de la synagogue et continue, des pièces jaunes aux restaurants du coeur, à gagner du terrain dans les mentalités.
S'émanciper des religions
Pour nous, militant-e-s anarchistes de la Coordination des Groupes Anarchistes, la venue du pape fournit une occasion supplémentaire d’affirmer la nécessité absolue, pour toutes et tous, de s’émanciper de toutes les croyances et religions. Elles sont sources d’oppressions, d’aliénations et constituent un frein à l’émancipation de l'humanité.
En faisant admettre l'omnipotence et l'omniscience de « Dieu », les religions mettent de fait les humains dans une position de soumission, de fatalisme et de passivité. Pour les religions, nous ne sommes pas maîtres de notre destin, nous ne sommes rien face à la volonté divine. Comment donc se permettre de critiquer et combattre l'ordre social en place issu de la volonté divine, comment prendre nos existences en main ?
Face à la désespérance de plus en plus grande de l’humanité et aux conséquences désastreuses de la dégradation des conditions d’existence d’une très grande partie des habitant-e-s de la « planète terre », les religions n’offrent : qu’obscurantisme, acceptation des conditions déplorables qui nous sont imposées par tous les gouvernants, repli communautaire, prises de position contre la liberté des femmes à disposer de leur sexualité et de leur corps, positionnements tendant à légitimer les actes homophobes, conflits à caractère religieux etc. etc.
Face à l'offensive des religions, réagissons !
Une Europe construite autour des références à l'identité chrétienne et aux diverses croyances, des « immixtions religieuses » qui se font nombreuses dans l’éducation…, tout cela nous conduit à affirmer que l’offensive des religions n’est pas une vision de l'esprit mais bien une réalité.
Les religions se proposent d'assurer, dans la période politique actuelle, leur rôle traditionnel de contrôle des consciences et de soumission à l'ordre économique et social en imposant leur ordre moral.
L’opposition à cette vision archaïque des rapports humains (sociaux, éthiques) n’est pas à la hauteur du danger qu’elle fait courir à l'humanité. Seule une indifférence coupable devant ce retour en arrière permet aux religions et aux diverses croyances d’inféoder durablement les esprits. Les esprits libres - et les anarchistes en font partie - ne peuvent se résoudre à une passivité complice !
Dans un premier temps ne souhaitons pas la bienvenue au pape, ni à Paris, ni à Lourdes ni nulle part ailleurs. Mobilisons-nous contre l'ingérence des religions dans nos vies et défaisons-nous de toutes ces idées pernicieuses et rétrogrades. Engageons-nous résolument sur la voie de l’émancipation sociale, économique, culturelle et éthique.
Coordination des Groupes Anarchistes, septembre 2008
Publié le 03/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
Chroniques d'un incroyant
Naissance dans la guerre des religions du livre
Tome 1 - Propos sur le blasphème
par Bruno Alexandre
«Faites la guerre à ceux qui ne croient pas en Dieu ni au jour dernier...»
LE CORAN, sourate IX: 29
«Tuez-les tous où vous les aurez accrochés...»
LE CORAN, Sourate II: 190-193
«...et ils dévouèrent par interdit, au fil de l’épée, tout ce qui était dans la ville, hommes et femmes, enfants et vieillards, jusqu’aux bœufs...»
LA BIBLE – Jos VI: 21
«Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples (de Canaan), tu ne donneras point tes fils à leurs filles...»
La BIBLE, Deut VII: 3
Dans un livre fort bien documenté, Bruno Alexandre revient sur la genèse sanguinaire des trois religions monothéistes et propose quelques réflexions sur le blasphème.
Les grands drames de l’histoire de l’humanité (l’Inquisition, le génocide des Amérindiens, les croisades, les guerres « saintes » de toute obédience…) ne tombent pas du ciel. Tous ces crimes ont été justifiés par de « saintes » écritures tirées de la Bible ou du Coran. Bruno Alexandre propose un tour d’horizon de ces écrits qui, encore aujourd’hui, fondent la foi de gens qui prétendent représenter le « Bien ». En vérité, certains passages des livres sacrés ressemblent plus à des scénarios de films d’horreur qu’à l’idée qu’on pourrait se faire de l’amour de son prochain, de la tolérance et de l’amitié entre les peuples.
Exemple quand le Coran présente Mahomet, assisté par des anges tueurs, dans des batailles effrayantes de cruauté. Exemple avec des sourates qui appellent clairement au crime. « Il n’y a point auprès de Dieu d’animaux plus vils que ceux qui ne croient pas et qui restent infidèles… », « Faites la guerre à ceux qui ne croient point en Dieu », etc. Le meurtre des infidèles, des mécréants, des incroyants ne saurait culpabiliser les bons croyants. Si ce n’est pas vous qui les tuez, c’est Dieu qui le fera dit en substance le Coran. « Si le lobby religieux n’était pas ce qu’il est, souligne Bruno Alexandre, les terribles invectives contre les infidèles devraient tomber sous le coup de la loi pour injure et provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciste. »
Dès le début de son histoire, l’islam a été animé par un élan mystique conquérant. Exploits guerriers et razzias accompagnent Mahomet qui a piétiné les coutumes de son époque pour s’imposer. Le Coran est là pour couvrir tous les faits et gestes qui pourraient sembler discutables. « Ils t’interrogent sur le butin ? Dis : Le butin appartient à Dieu et au Prophète. Prémunissez-vous, réformez vos rapports mutuels, obéissez à Dieu et au Prophète si vous êtes des croyants », dit une sourate pour justifier le brigandage « sacré ».
L’islam violent serait-il une trahison du véritable islam ? « La vérité est que le Coran est ambivalent et que son ambivalence fait sa dangerosité, répond Bruno Alexandre. L’islam vrai peut être tout aussi bien un islam de paix qu’un islam de guerre. N’existent que différentes lectures du Coran, de la plus irénique à la plus criminelle. »
Les autres religions ne sont pas mieux loties. Les textes de l’Ancien testament qui, à quelques variantes près, correspondent aux textes sacrés juifs contiennent aussi leurs lots d’abominations. La mort est vite au rendez-vous dans la Bible avec le fameux péché originel. Puis Caïn tue Abel. Pour effacer l’ardoise, Dieu décide de noyer la quasi-totalité de l’espèce humaine. Pas moins. Le Bien prendra-t-il la main après le déluge ? Pas vraiment. A l’occasion du bras de fer entre les Egyptiens et les Hébreux, Dieu dit à Moïse : « Vers le milieu de la nuit, je passerai au travers de l’Egypte et tous les premiers-nés mourront dans le pays d’Egypte, depuis le premier-né de Pharaon assis sur son trône, jusqu’au premier-né de la servante qui est derrière la meule, et jusqu’à tous les premiers-nés des animaux. Il y aura dans tout le pays d’Egypte de grands cris, tels qu’il n’y en a point eu et qu’il n’y en aura plus de semblables. » Et comme Dieu n’a qu’une parole, « il y eut de grands cris en Egypte car il n’y avait point de maison où il n’y eut un mort. » Un massacre d’enfants innocents comme prélude à la marche vers la Terre promise, on aurait pu espérer mieux.
Deux mois plus tard, Dieu causa à nouveau avec Moïse : « Maintenant, si vous écoutez ma voix et si vous gardez mon arche, vous m’appartiendrez entre tous les peuples car toute la terre est à moi ; vous serez pour moi un royaume de sacrificateurs et une nation sainte. » Pour ne pas mélanger les torchons avec les serviettes, Dieu apporta une précision : « Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples (de Canaan), tu ne donneras point tes filles à leurs fils et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils. » Infanticide, sectaire, xénophobe et raciste, voici vraiment le Dieu idéal pour assurer des siècles de bonheur à l’humanité… « On conçoit aisément qu’il ait été difficile au judaïsme de faire évoluer cette notion d’élection et de la rendre compatible avec la mentalité moderne », note Bruno Alexandre.
Que penser du « Tu ne tueras point » de Yahvé quand lui-même demande que le sang soit versé, y compris s’il s’agit d’un frère, d’un parent, d’un proche membre de la communauté israélite ? Après l’infanticide, Dieu cautionne le fratricide ! Il ne faisait pas bon être l’ennemi de ce Dieu-là. « Lorsque que l’Eternel ton Dieu, t’aura fait entrer dans le pays dont tu vas prendre possession, et qu’il chassera devant toi beaucoup de nations, lorsque l’Eternel ton Dieu te les auras livrées et que tu les auras battues, tu les dévoueras par anathème, tu ne traiteras point d’alliances avec elles, et tu ne leur fera point grâce. » Traduction : Tu anéantiras tout le monde. Venant d’un Dieu miséricordieux, ça fait un peu désordre cet appel au génocide.
Le livre de Josué est éloquent sur la manière dont les israélites s’installèrent en Canaan. Les théologiens prétendent qu’il ne faut pas lire ces pages hyper violentes au premier degré, que le livre serait plus liturgique qu’historique… Les récits guerriers ne seraient que métaphoriques et mythiques. Au bout du compte, il ne s’agirait donc que d’un ouvrage pédagogique. Joli programme. Pour rendre les hommes meilleurs, il suffirait de les pousser au crime ! Question. Pourquoi ce Dieu pédagogue n’a-t-il pas préféré la non-violence pour s’adresser à ses fidèles plutôt que de les inciter à commettre d’horribles forfaits ? Le monde d’aujourd’hui serait peut-être moins délabré si la « parole de Dieu » avait été moins belliqueuse…
Examinons ce qui se passe chez les chrétiens dont l’histoire commence par un scandale : la non résurrection du Christ. « Jésus annonçait le royaume et c’est l’Eglise qui est venue », ironisait l’abbé Loisy, qui fut excommunié… L’historien Joseph Turmel en déduit qu’une Eglise qui réussit à se maintenir malgré l’invalidation flagrante de sa croyance fondamentale a « les promesses d’une vie éternelle ». Le mouvement chrétien aurait pu s’évanouir à jamais. Grâce à d’habiles tours de passe-passe politico-religieux, l’Eglise a survécu. Avec son cortège de barbaries nourries par la doctrine augustinienne. « Il y a une persécution injuste, celle que font les impies à l’église du Christ ; et il y a une persécution juste, celle que font les églises du Christ aux impies. L’Eglise persécute par amour et les impies par cruauté. » C’est pas plus compliqué que ça à comprendre. C’est par simple charité que l’Eglise persécute les impies et les hérétiques. Ah, Dieu, que la guerre est jolie ! Derrière un pacifisme de façade, « Aimez-vous les uns les autres », la doctrine de la « guerre juste » veille. Et quand il arrive qu’un pape émette des doutes sur la justesse d’une guerre, trop acoquiné avec les puissances politiques, il se garde bien d’appeler les disciples du Christ à la désobéissance et à la désertion pour honorer le premier commandement, « Tu ne tueras point ». L’alliance objective du sabre et du goupillon a fait, fait et fera bien des misères sur Terre.
Ce fut le cas lors des croisades et de la « découverte » des Amériques. Plus près de nous, en 1914-1918, catholiques allemands et français étaient d’accord pour se massacrer mutuellement puisque la boucherie était déclarée « juste » des deux côtés. En 1933, le rôle des catholiques dans l’ascension d’Hitler fut déterminant. Plus tard, l’anti-judaïsme et l’anti-communisme de l’Eglise catholique motivaient son insupportable silence face à l’innommable. L’attitude coupable de l’Eglise durant le génocide du 1994 au Rwanda est aussi criant. Jean-Paul II a soutenu directement des responsables religieux compromis dans les tueries, dont Augustin Misago, évêque de Gikongoro, qui fut finalement acquitté avec la bénédiction du Vatican.
La deuxième partie de l’ouvrage est une réflexion sur le blasphème. Si, en France, le chevalier de la Barre fut le dernier condamné à mort pour blasphème (il fut torturé, décapité et brûlé en 1766 pour ne pas s’être agenouillé lors du passage d’une procession religieuse), l’actualité récente montre que nous n’en avons pas terminé avec l’intolérance et l’obscurantisme religieux. « Les religions, c’est comme les vers luisants. Pour briller, il leur faut l’obscurité », disait Arthur Schopenhauer
L’histoire du blasphème est complexe et mêle de nombreuses considérations. Bruno Alexandre revient sur les divers textes qui ont réglementé à leur manière la liberté de pensée et/ou la liberté religieuse, ce depuis l’aberrant statut de l’Alsace-Lorraine à la charte de droits fondamentaux de l’Union européenne, en passant par l’article premier de la Constitution française ou les Déclarations des droits de l’homme (1789 et 1948).
Pour illustrer son propos, l’auteur revient sur quelques affaires qui ont défrayé la chronique (l’affaire Otto Preminger Institut en Autriche, l’affaire Nigel Wingrove en Grande-Bretagne, l’affaire du détournement de la Cène, l’affaire des caricatures de Mahomet…). « L’homme est créé par Dieu à son image pour dominer le monde d’une part et pour adorer Dieu d’autre part. Un homme à qui manque une de ses dimensions n’est pas un homme », assurait de manière péremptoire feu le cardinal Daniélou avant d’ajouter : « Un homme sans Dieu n’est plus digne du nom d’homme. Une société sans Dieu est une société inhumaine. »
Jean-Paul II ne cachait pas non plus son aversion totale pour les athées et les agnostiques. Dans son message à l’Académie pontificale des sciences, il déclarait : « Nous appelons péché mortel l’acte par lequel un homme, librement et consciemment, refuse Dieu, sa loi, l’alliance d’amour que Dieu lui propose, préférant se tourner vers lui-même, vers quelque réalité créée et finie, vers quelque chose de contraire à la volonté de Dieu. » Pour Jean-Paul II, si l’athée n’est pas un démon, il est, pour le moins, un dément, un idiot, alors que le chrétien est toujours « guidé par le supplément d’intelligence que lui donne la parole de Dieu ». CQFD.
« Il a fallu des millénaires pour que la pensée s’affranchisse des religions et seulement dans certains pays, constate Bruno Alexandre. Que voyons-nous aujourd’hui ? Un recul considérable par rapport à la loi de 1905 qui ne cesse d’être trahie et que d’aucuns voudraient réformer, “toiletter”. » Pour arriver à leurs fins, les religieux de toutes obédiences tentent de détourner les lois destinées à la protection des personnes pour en faire des instruments au service de la protection des religions. Les droits de l’homme au service de l’intolérance religieuse. On aura tout vu. Autrefois, on criait au sacrilège. À présent, par une incroyable manipulation, on crie au racisme. Quand un athée critique une religion, il épingle un système de pensée coupable de violences et complice d’injustices, mais il ne menace pas la liberté individuelle des croyants.
« S’il y a avait vraiment quelque chose de surnaturel dans l’histoire des religions, ce serait leur culot », ironise le polémiste René Pommier. Il est urgent de dénoncer les amalgames liberticides qui assimilent la critique des religions à du racisme. Le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) est sur la mauvaise pente depuis que son congrès a adopté une motion assimilant l’islamophobie à du racisme anti-musulman. Tristement, le MRAP se range aux côtés des intégristes catholiques et autres courants d’extrême droite qui mettent leur lutte contre le blasphème sous la bannière de la lutte contre le racisme anti-chrétien. Ce qui est d’une malhonnêteté intellectuelle sans nom. Dans une lettre ouverte, Jean Ferrat, membre du MRAP, a exprimé sa désapprobation après le vote de la motion sur l’islamophobie. Pour calmer le jeu, des musulmans, minoritaires, suggèrent l’abandon des versets du Coran incompatibles avec les droits de l’homme (notamment ceux qui prônent les châtiments corporels et ceux qui maintiennent les femmes dans un statut d’infériorité). C’est le cas du philosophe Abdennour Bidar et de Soheib Bencheikh, ancien mufti de Marseille.
Interrogeons-nous sur l’empressement qu’ont les religieux pour demander la protection des tribunaux lorsqu’ils se sentent attaqués par des mécréants. Les religieux n’ont-ils pas le soutien sans faille d’un Dieu tout puissant ? Cela devrait leur suffire au lieu d’aller chercher du réconfort dans le temporel ! Et, comment, dans sa grande puissance, Dieu pourrait-il être égratigné par quelques lignes, dessins, films ou chansons infidèles ? Gens de peu de foi, ont-ils si peu confiance en leur religion et en leur Dieu pour penser qu’il pourrait être anéanti ou même blessé par des insultes humaines ? Les blasphémateurs ne sont pas uniquement chez les mécréants… Avons nous des leçons à recevoir de ceux qui blasphèment en paroles et en actes (« Tuer au nom de Dieu est un blasphème » assurait sans rire Jean-Paul II) au dehors comme au-dedans de leur religion ?
Pour des questions doctrinales, les grandes religions monothéistes se sont violemment combattues physiquement ou verbalement. Chacune a largement blasphémé ses concurrentes. Aujourd’hui, elles affichent un front œcuménique uni pour mener une nouvelle croisade contre les infidèles. Pour répliquer aux punaises de sacristie et de tribunaux, une législation sur le mode espagnol nous apporterait bien des distractions. En effet, celle-ci précise que ceux qui se moqueraient publiquement, oralement ou par écrit, de ceux qui ne professent aucune religion ou croyance peuvent encourir les mêmes peines que ceux qui se moquent des dogmes, croyances, rites ou cérémonies religieuses…
Bien écrit et très référencé, le livre de Bruno Alexandre est la lecture idéale à dévorer en attendant de souhaiter la malvenue au pape Benoît XVI durant la manifestation organisée à Paris le samedi 13 septembre 2008. Départ place de la République, à 14 heures.
Bruno Alexandre, Chroniques d’un incroyant – Naissance dans la guerre des religions du Livre/Propos sur le blasphème, tome 1, éditions Libertaires, 130 pages. 10€.
Article écrit par Paco le 07/09/2008 sur lemague.net
Cléricalisme moderne et mouvement ouvrier
par Marc Prévôtel
Le cléricalisme ancien avait la bedaine ostensible. Il aimait à parader avec les traîneurs de sabre. Il avait su se rendre indispensable aux puissants par sa gestion abêtissante des multitudes en haillons. Ce cléricalisme là affichait haut et clair son appétit de pouvoir temporel !
Et puis, il y a un siècle, le cléricalisme moderne s'est rallié à cette évidence : "Tout peut changer sans que rien ne change." La république, la laïcité... si on ne peut pas les fairre exploser de l'extérieur, il convient de faire semblant de s'y rallier pour pouvoir les faire imploser de l'intérieur. La doctrine sociale de l'église était née.
Et depuis des décennies, l'Église ne cesse de regagner du terrain ici, là et ailleurs. Financement public des écoles confessionnelles, laîcité ouverte à toujours plus de bondieuseries, remise en cause du droit de critique à l'encontre de la religion...
Ce livre nous décrit par le menu un des aspects mal connus de cette stratégie : celui de la main-mise cléricale sur une fraction du mouvment ouvrier. Une main-mise programmée et annoncée. Et c'est peu dire que ça fait peur ! Et que ça incite, de nouveau, à sortir nos vieilles armes de l'anicléricalisme primaire et décomplexé.
Que ce livre magistral ait obtenu le Grand Prix Ni dieu Ni maitre 2008 n'étonnera, donc, que ceux qui s'étonneront toujours de tout pour ne s'être jamais étonné d'eux-même !
En co-édition avec la Fédération Nationale de la Libre Pensée
Collection Propos mécréants.
140x210 mm, 280 pages
isbn : 978-2-914980-65-4
14 €
Les deux livres sont à commander en ligne sur le site des Editions libertaires :
http://www.editionslibertaires.org/
ou sur la librairie anarchiste en ligne Publico :
http://www.librairie-publico.com
Publié le 02/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
Publié le 02/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
Publié le 02/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
Joseph Ratzinger, connu comme chef d’état et souverain pontife sous le nom de Benoît XVI, doit s’adresser vendredi 12 septembre dans la soirée au monde de la culture dans le cadre fraîchement rénové du couvent des Bernardins. Cinquante millions d’euros pour offrir une salle de conférences toute neuve à la calotte ! Pour la Fédération Anarchiste, accueillir un ecclésiastique dans un bâtiment public, désacralisé et remis à neuf avec les fonds de la spoliation des travailleurs par l’Etat relève de la provocation et revient à placer symboliquement le lieu sous protection religieuse, ce qui est inacceptable.
C’est pour réaffirmer clairement qu’un pape, autant qu’un Dalaï Lama, est indésirable dans l’espace public, et que sa présence en France est une agression faite à tous les laÏques, athées, anticléricaux et victimes de toutes les intolérances religieuses, que la Fédération Anarchiste appelle à manifester samedi 13 septembre à 14 heures, place de la République, à Paris.
Secrétariat aux relations Extérieures de la Fédération Anarchiste
Publié le 01/09/2008 à 12:00 par malvenueaupape
Car au départ de Rennes: départ à 8 heures, parking du Centre Alma, coût 20 euros,
soutien en envoyant un chèque ( libellé à l'ordre de CPCL) au local La Commune, 17 rue de Châteaudun, 35000 Rennes
pour tout renseignement :
contact(a)farennes.org